40 ans du musée Barbier-Mueller, Hors les murs à la Fondation de l’Hermitage

07 avril 2017 15 août 2017

En 2004, la Fondation de l’Hermitage a eu le privilège d’exposer pour quelques mois les trésors de la céramique précolombienne de la collection Barbier-Mueller. C’est un honneur et un plaisir d’accueillir aujourd’hui l’une des pièces majeures de la collection, un masque téké-tsaayi du XIXe siècle. D’une grande rareté, ce masque au décor géométrique très pur a appartenu à André Derain, qui fut l’un des premiers artistes occidentaux à s’intéresser aux cultures extra-européennes. Dès 1906, le jeune peintre fauve vibrait d’émotion devant les collections d’art africain du British Museum : « C’est pharamineux, affolant d’expression », s’exclamait-il alors, fasciné par ces « formes issues du plein air, de la lumière ». Peint peu avant cette confrontation cruciale, un tableau de Derain appartenant à la collection de la Fondation Bührle, La table (1904-1905) vient, dans les salles de l’Hermitage, à la rencontre du masque. Par sa simplification formelle, ses lignes marquées, ses couleurs puissantes, cette peinture manifeste une envie de moyens plastiques nouveaux, une aspiration à « sortir du cercle où nous ont enfermés les réalistes », que la découverte de l’art africain va encourager de manière décisive.

Sylvie Wuhrmann, directrice de la Fondation de l’Hermitage