Commémoration du 50e anniversaire de l’indépendance de la Papouasie-Nouvelle-Guinée
Pour commémorer le jalon historique du 50ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Papouasie–Nouvelle-Guinée, le 16 septembre 2025, des musées et institutions culturelles sélectionnés ont été invités à se réunir pour WanBel : une exposition collective mondiale consacrée à la PNG.
Le projet Mariwai, en partenariat avec le ministère du Tourisme, des Arts et de la Culture de la PNG, ainsi que ses agences — le Musée national et galerie d’art de Port Moresby et la Commission culturelle nationale de la PNG (NCC) — coordonne ces collaborations dans le cadre du programme national officiel 2025 de la PNG : Celebrate our History, Inspire our Future, qui se déroule jusqu’au 16 septembre 2026.
Au cours de cette année anniversaire, près de 50 musées et institutions culturelles participants organisent des expositions sur mesure, des événements éducatifs et des ateliers dans leurs propres espaces, tout en partageant leurs ressources pédagogiques numériques. L’accent est mis sur leurs collections, qui comprennent de nombreuses œuvres importantes de la PNG. Des collections historiques issues de la période coloniale à l’art contemporain, ces ensembles représentent une richesse considérable de ressources culturelles et de documentation de la PNG. Le public bénéficiera d’un accès élargi à des objets rares, des conférences, des laboratoires créatifs, des journées familiales et bien plus encore, constituant ainsi la plus vaste et la plus inclusive exposition mondiale d’art de la PNG jamais organisée pour des millions de visiteurs à travers le monde. Les arts, traditions et objets culturels exceptionnels de la PNG reflètent notre patrimoine diversifié. Alors que nous marquons un demi-siècle d’indépendance, nous mettons en lumière l’héritage culturel de la PNG et rendons hommage aux artistes et aux cultures dont ils sont issus.
Le titre de l’exposition, WanBel, est une expression en Tok Pisin qui évoque l’esprit communautaire, signifiant littéralement « un seul ventre ».
Actuellement exposés au Musée Barbier-Mueller


Figure anthropomorphe masculine, district Maprik, groupe Wosera, Papouasie-Nouvelle-Guinée, seconde moitié du XIXe siècle, bois polychrome, 123×12,5×19 cm
Cette sculpture monoxyle représente une figure anthropomorphe masculine avec un calao perché sur la tête.
La figure se tient droite, les épaules en arrière; elle est nue, exception faite des ornements, peints ou incisés. Les jambes sont massives, droites, avec des genoux fortement saillants. Les pieds reposent sur une petite plateforme et les orteils sont indiqués par des incisions. Les bras, sur lesquels des bracelets ont été ciselés, sont légèrement repliés vers l’arrière, les mains posées sur les hanches. Les épaules sont mises en relief au-dessus du torse et des bras; dans le dos elles dessinent un motif en forme de fer à cheval. Au-dessus d’un cou presque inexistant, le visage, légèrement allongé, est recouvert d’ornements peints.
La tête est surmontée d’une coiffe en forme de calao, facile à reconnaître grâce à la forme du bec et aux rides qui en marquent la naissance. Les ornements, tels que le collier et le brassard en coquillage, sont indiqués à l’aide de peintures ou d’incisions. Les sculptures en ronde-bosse représentant des figures anthropomorphes étaient courantes dans la région de Maprik.
Les waapinyaan, comme on les appelle (« fils [nyaan] des ignames longues [waapi] », qu’ils soient de sexe masculin ou féminin), sont des représentations de l’esprit totémique du clan, nGwaal. Exécutées pour être présentées à l’intérieur de la maison cérémonielle et vues par les initiés, elles n’étaient pas les esprits à proprement parler, mais une de leurs manifestations matérielles.
Les motifs colorés, ainsi que les indications de peintures faciales et d’ornements corporels, notamment les coquilles de tridacnes, renforcent les liens entre ces figures et la parure que portent les initiés à la fin de la période d’isolement, et qui les transforment en manifestations de ces forces procréatrices invisibles. À l’instar de ce qui se passait pour les représentations d’esprits en Mélanésie, une fois qu’elles avaient été utilisées dans ces cérémonies, les images perdaient souvent de leur valeur et pouvaient ainsi devenir accessibles aux collectionneurs occidentaux. L’association de figures anthropomorphes avec un ou deux oiseaux perchés sur la tête est une caractéristique assez courante dans la région. Bien qu’elle puisse faire référence à l’oiseau totémique (jaambu) d’un clan, le calao au sommet d’une figure semble avoir une signification plus générale.
Les calaos (paal) jouent un rôle important, car ils annoncent la récolte prochaine des ignames. Associés au soleil, ils servent également de modèles pour des figures plates sculptées et accrochées sur la façade des maisons cérémonielles.
Ludovic Coupaye, in Ombres de Nouvelle-Guinée, pp. 400-401


Statue de jumeaux, aire Massim, îles Trobriand, Papouasie-Nouvelle-Guinée, bois, 25,5 x 24 x 6,5 cm
Cette sculpture en bois représente deux personnages assis dos à dos sur un socle unique. Elle provient des îles Trobriand, situées dans la zone géographique Massim, qui englobe la baie de Milne, au sud-est de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, ainsi que les îles avoisinantes.
L’œuvre présente des motifs gravés curvilignes ornant à la fois la base et les figures, caractéristiques du style décoratif propre à cette région. La position accroupie des personnages, les coudes posés sur les genoux, constitue également un trait stylistique typique de l’art massim, tout comme la recherche de symétrie, élément récurrent dans la production artistique de cette aire culturelle. La représentation de deux figures pourrait évoquer un principe de dualité, un thème symbolique fréquent dans l’ensemble des mythes mélanésiens.
La fonction de cet objet demeure inconnue. En effet, si la forme rappelle celle d’un pilon pour écraser les taros (légume-racine) ou celle d’un waga miniature (coque de canoë), la présence de figures anthropomorphes exclut cependant de tels usages, selon les informations transmises par le Dr linus digim’Rina.
Keilen Euzet


Coupe aviforme, île de Baluan, archipel de l’Amirauté, Papouasie-Nouvelle-Guinée, bois, longueur 47,5 cm
Cette coupe provient de Baluan, petite île d’une superficie d’une quinzaine de kilomètres carrés située au sud de l’archipel de l’Amirauté, dans la mer de Bismarck.
En s’adaptant à leur environnement morcelé, les populations de cet archipel ont développé une structure commerciale interconnectée. Chaque communauté, en fonction des ressources à sa disposition, oriente sa production à l’intérieur de ce système économique. Les artisans de l’île de Baluan fabriquent des louches, des spatules ainsi que des récipients aviformes. Au cœur des partenariats commerciaux entre les communautés, les coupes en forme d’oiseau peuvent avoir une valeur pécuniaire lors des transactions. Les échanges cérémoniels, paiements et dons se font notamment lors d’événements rituels et nuptiaux qui permettent de renforcer la cohésion et de maintenir les structures sociales.
Dans son usage quotidien, cette coupe en bois aviforme servait à accueillir des préparations alimentaires, notamment cuisinées avec de la fécule extraite du palmier sagoutier, arbre local qui compose une partie essentielle de l’alimentation dans l’archipel de l’Amirauté.
Marc-Thomas Gérard
