Masque

Masque

Le graphisme très particulier des masques kwele beete (pebood) se caractérise par un visage qui prend toujours la forme d’un coeur, placé au centre d’une composition qui, elle, peut varier. Ce spécimen est un exemple très pur de cette approche formelle.

Léon Siroto rattache ces masques au format compact à un genre connu sous le nom de pebood, ajoutant que les Kwele y voient tout simplement de beaux objets [1]. Si l’on considère l’ensemble des masques beete, il est évident que cette esthétique est à la base du répertoire très varié élaboré par les sculpteurs kwele.

Cette oeuvre célèbre a appartenu à Tristan Tzara, poète d’origine roumaine, essayiste et membre fondateur du dadaïsme – mouvement artistique révolutionnaire qui avait entrepris de retrouver une certaine authenticité en s’intéressant aux formes élémentaires ou primitives de paroles et de gestes. Il est facile de comprendre l’attrait exercé sur Tzara par cette oeuvre très aboutie, à la fois épurée dans sa simplicité élémentaire et étonnante par sa perfection formelle. Un contour noir marqué délimite un coeur qui définit les contours du visage, partie concave accentuée par un pigment blanc très dense. Les yeux, en forme de croissants inclinés, et le nez, triangulaire, sont sculptés en relief et sont donc en saillie. La symétrie de la composition est soulignée par un large trait vertical qui s’étend de la base du menton à l’arête du nez.

[1] Siroto 1970, p. 225.