Masque attribué au Maître de la boîte aux phoques

Masque attribué au Maître de la boîte aux phoques

« Abstraction » semble le terme le plus à même de qualifier ce masque inuit dont la simplicité égale la beauté. Cette œuvre est attribuée au « Maître de la boîte aux phoques », créateur reconnu pour le style particulier et original qu’il appliquait à chacune de ses œuvres. La reconnaissance d’une « signature » est rare et délicate dans le contexte des cultures étrangères à la notion « d’histoire de l’art » occidentale, dont la production matérielle était, jusque récemment, abordée par le seul biais de l’ethnologie.

Le corpus du « Maître de la boîte aux phoques » comprend plusieurs masques similaires au modèle de la collection Barbier-Mueller, bien que de facture plus grossière. La partie supérieure de la structure du masque, en forme de boîte, présente un visage humain stylisé à l’extrême ; deux grandes cavités ovales figurent les yeux, tandis que l’arête du nez n’est évoquée que par l’angle saillant de cette « pseudo-boîte ». Certains modèles possèdent une bosse en forme de nez, gravée le long de la « boîte ». Une tête de phoque plutôt réaliste pointe de la base du masque, produisant une sorte de poignée. Alors que plusieurs masques de la main du « Maître de la boîte aux phoques » sont agrémentés de bandes de fourrure en guise de chevelure, le modèle de la collection Barbier-Mueller est orné de trois pennes portant chacune une huppe à leur extrémité, ce qui accentue les gestes du danseur.

D’après Michael Kan, les masques inuit « de transformation » constituaient les outils du chaman. Ils étaient imprégnés de l’inua ou l’esprit du phoque, mammifère marin essentiel à la survie des peuples inuits.

Bibl. : M. Kan, 2003.