Statue féminine en pied

Statue féminine en pied

Cette statue féminine « Nok », parmi les plus grandes répertoriées, s’intègre parfaitement dans les schémas iconographiques et stylistiques définis. La femme est représentée debout sur un petit socle tronconique, dans une attitude statique et strictement frontale. Sa coiffure comme ses bijoux ou ses vêtements, subtilement révélés, témoignent d’un goût prononcé pour l’ornementation corporelle, fréquent dans l’art « Nok ». Coiffée d’un double chignon typique, elle arbore un collier volumineux mais aussi des bracelets aux poignets et aux chevilles, une parure sur le buste et un cache-sexe complexe agrémenté d’une peau de bête. Dans la tradition africaine, le port d’une telle peau animale, souvent celle d’un félin, est un attribut lié au pouvoir ou aux croyances. Celui ou celle qui l’exhibe est doté d’un statut particulier au sein de la société (chasseur, guerrier, sorcier, chef). Stylistiquement, cette statue appartient au « style classique », daté entre le 9e et le 8e siècle avant notre ère. Il se définit par des compositions équilibrées, sobres et symétriques. On note une prédilection pour les traits réguliers et certaines caractéristiques comme le front ample, le « profil grec » ou bien encore l’alignement horizontal des yeux. Afin de consolider la structure de ces grandes œuvres creuses en terre cuite, les artistes inséraient des armatures de soutien en bois dans la cavité pour éviter leur affaissement pendant la conception, le séchage puis la cuisson. Les sculptures se tenant debout étaient vraisemblablement soutenues par deux axes. Le premier, horizontal, entre les deux épaules et le second, vertical, entre le sommet du crâne et la base, c’est-à-dire placé soit contre la colonne vertébrale, soit au cœur de la cavité. Cette ossature, parfois partiellement conservée sous forme de charbon de bois, permet une datation fiable de ces œuvres lorsqu’elles ne sont pas associées à un site archéologique.