Récipient triple

Récipient triple

Cet objet d’usage indéterminé se distingue des récipients triples, très semblables en apparence, provenant du nord-est du Congo, par l’existence de trois goulots distincts (dont un seul est ici fonctionnel). Dans le Bas-Congo, à la fin du 19e siècle, l’usage de fosses de cuisson alimentées au charbon de bois permettait la réalisation de céramiques de qualité supérieure à celle que l’on obtenait par cuisson à l’air libre, ainsi que le rapporte un ouvrage de 1907 : « C’est dans le Mayumbe qu’elle est pratiquée avec le plus de soins et dans les conditions les plus favorables : sous un toit à double versant soutenu par quatre piliers, une légère excavation est creusée, autour de laquelle les terres enlevées soigneusement et tassées forment un talus peu élevé ; le fond de l’excavation est recouvert d’une couche épaisse de charbon de bois, sur laquelle on a déposé les poteries préalablement remplies du même combustible, finement broyé ; le tout est enseveli sous un amas de charbon de bois en gros morceaux puis le monticule est recouvert de fagots ; des conduits d’aération ont été ménagés à la base des bûches. On allume. L’opération est conduite lentement mais régulièrement, et surveillée par deux hommes qui pendant tout le temps qu’elle durera ne quitteront pas leur foyer. Le troisième jour, le feu est activé par des soufflets accouplés, assez puissants, et les braises donnent leur maximum de chaleur ; ensuite le bûcher est recouvert, et à partir de ce moment on laisse refroidir lentement pour éviter la casse que pourrait occasionner un brusque changement de température » (s. n. 1907, p. 48). Il est à noter que ce sont toujours des hommes qui procèdent à la cuisson et non les potières.