Récipient dans une cage en laiton

Récipient dans une cage en laiton

Cette pièce unique d’une belle facture associe le métal et l’argile. En l’absence d’informations plus détaillées, il est difficile de formuler une attribution précise. Cependant, la cage en fer dans laquelle est enfermé ce récipient en terre cuite est constituée de toute une série de cercles concentriques et de motifs de ruban, qui ne sont pas sans rappeler les savantes coiffures traditionnelles que les femmes igbo portaient encore il n’y a pas si longtemps [1]. On retrouve des coiffures similaires dans les masques, surtout ceux réalisés dans la partie nord de la région centrale, où cet art du spectacle est le plus ancien et le plus développé [2]. Outre les mascarades, la région igbo possède deux autres grandes spécialités traditionnelles – le travail du fer et la poterie. Durant des siècles, les forgerons awka itinérants ont joui d’une grande réputation auprès des Igbo tout comme des non-Igbo, pour la magnificence de leurs outils et de leurs armes. La région abrite également le site archéologique d’Igbo-Ukwu, célèbre pour sa poterie et son extraordinaire maîtrise du travail des métaux. Même s’il existe d’autres régions plus au sud également très réputées pour leurs forgerons, ce récipient dont la complexité et la haute technicité n’ont d’égal que la délicatesse, provient très probablement de la région d’Awka [3]. Alors que le corps du pot est dissimulé à l’intérieur de la garniture métallique, le col et la lèvre, eux, sont visibles. D’une belle forme, ils rappellent ceux de la poterie d’Inyi, qui se trouve dans la partie nord de la région centrale et demeure l’un des centres céramiques igbo les plus connus. Les potières inyi sont célèbres pour leurs récipients si richement décorés qu’ils ressemblent à des sculptures en bois. Il se peut que les Inyi aient été également à l’origine de la poterie découverte à Igbo-Ukwu [4]. Alors que la fonction de cette pièce reste inconnue, le savoir-faire révélé par l’enveloppe métallique et le soin avec lequel le pot a été encastré laissent penser qu’il s’agissait d’un présent destiné à une personne ou d’une offrande à un sanctuaire.

[1Cole et Aniakor 1984, p. 38-39.

[2Ibid., p. 117.

[3Jones 1984, p. 27.

[4Cole et Aniakor, ibid., p. 78-79.