Pseudo-bouteille anthropomorphe

Pseudo-bouteille anthropomorphe

Cette figurine du type III, dont le corps consiste en un récipient renversé, est gravée d’un pictogramme de monnaie, précisément une houe et une aiguille en fer (Slogar 2005, p. 80). L’arrangement des cheveux, comme l’observe Ekpo, rappelle les coiffures rasées, documentées par Amaury Talbot concernant les Ejagham au début du xxe siècle (Ekpo 1984, p. 59). Pendant plus d’un millénaire, les artistes du Calabar ont associé des pots anthropomorphisés à diverses formes de monnaie pour indiquer un statut élevé. Dans les cultures de la région de la Cross River, on continue toujours de parer somptueusement les jeunes femmes de toutes sortes de monnaie. Lorsqu’ils sortent de la période d’isolement, les initiés monenkim agut de la société Ejagham portent des anneaux en laiton, liés à la monnaie en tige de fer, enroulés autour de leurs jambes depuis les chevilles jusqu’aux genoux (Röschenthaler 1993, p. 60). Au centre de la Cross River, le costume festif des jeunes filles yakurr inclut également des cauris, des bracelets en laiton, des pièces coloniales et des billets de banque. Cette tenue s’accompagne d’une coiffure « traditionnelle » en boutons, que l’on retrouve sur cette figurine. Chez les Yakurr, où la culture de l’igname donne lieu à de nombreuses réalisations artistiques, les cheveux en boutons signifient une autre forme de richesse : ils évoquent une abondance d’ignames (Salami 2005, p. 262-268).