Petit masque

Petit masque

Parmi la production en métal des Dan, essentiellement utilisée comme symboles de statut social, on rencontre de nombreux bijoux - surtout des anneaux pour le pouce, le genou, le bras et la cheville - ainsi que des statues anthropomorphes et des ustensiles de ménage. Les petits masques en métal que possédaient sociétés secrètes ou villages entiers étaient considérés comme les manifestations d’esprits bienveillants. Ils n’étaient pas portés mais conservés en lieu sûr avec d’autres objets sacrés. La plupart de ces travaux, en laiton importé à forte teneur en zinc (cuivre jaune), sont réalisés avec la technique de la fonte à la cire perdue.

Ce masque en laiton d’une taille inhabituelle témoigne des caractéristiques propres aux canons de beauté des Dan : traits réguliers, front haut légèrement bombé, nez fin et bouche ouverte en saillie. Les yeux un peu en retrait divisent le masque en deux parties égales. Indiquées par des fentes étroites soulignées par des paupières en relief, ils marquent l’axe médian horizontal, également matérialisé par la rupture des lignes spiralées qui cernent les yeux. Ce motif de demi-spirales, typique des masques fondus et des objets d’apparat des Dan, orne aussi le contour du visage. Sur le front, deux autres spirales sont coupées en leur milieu par une corde qui part de la racine du nez pour rejoindre le sommet du crâne, à l’instar de la scarification frontale portée autrefois par les femmes dan. Les motifs incomplets du menton révèlent que l’artiste avait envisagé un masque ovale ; mais sous-estimant sans doute la quantité de métal nécessaire, il dut interrompre brutalement la partie inférieure du masque par une césure horizontale.