Masque facial féminin de l'ensemble du Goli

Masque facial féminin de l’ensemble du Goli

Le kplekple fait partie du groupe goli, "famille" de masques dont le goli glin, masque zoomorphe , est le père : le kpwan anthropomorphe, la mère ; le kpwan kple, de conception analogue, la fille et le kplekple, le fils. On rencontre parfois deux masques kplekple : le kplekple yaswa teinté de noir qui est considéré comme masculin et le kplekple bla, de couleur rouge, qui correspond à une figure féminine.
C’est à la fin du XIXe siècle que les Baule ont emprunté cette tradition masquée aux Wan voisins dont la langue est employée aujourd’hui encore dans les chants accompagnant l’arrivée des masques. Les goli interviennent en période de danger, lors d’épidémies ou de cérémonies funéraires. Leur action doit permettre d’instaurer un lien avec les forces surnaturelles (amwin) qui peuvent exercer sur la vie des hommes une influence positive ou négative si elles ne sont pas apaisées. Le kplekple, le moins important dans la hiérarchie des masques goli, apparaît à l’aube, quelques instants en début d’après-midi, et le soir afin d’annoncer l’arrivée du goli glin ou de kpwan. Le masque est porté par un jeune homme revêtu d’une peau de chèvre, qui exécute une danse rythmée, accompagné par la musique ou les chants des enfants et adolescents.

Les masques kplekple se distinguent par leur stylisation extrême, la réduction des détails et leur visage en forme de disque dont l’arrondi est repris par les cornes peut-être inspirées de celles de l’antilope. Certains exemplaires comportent des oreilles, des cornes annelées, des yeux incrustés de morceaux de miroir ou une bordure ornementale. Même ces quelques éléments simples sont absents de ce masque particulièrement dépouillé dont le caractère féminin est indiqué par son revêtement brun-rouge.