Masque facial

Masque facial

Des Dogon, nous connaissons plus de soixante-dix types de masques anthropomorphes et zoomorphes en bois ou en matières végétales. Fabriqués par les membres de la société awa, ils sont exhibés à l’occasion de l’hommage rendu aux morts (dama) ainsi que pendant les rites bagabundo exécutés à l’aide de quelques masques en préliminaire aux funérailles.

Les masques kanaga, qui représentent un oiseau (kommolo tebu), sont parmi les plus répandus. Ils doivent soit disant leur origine à un chasseur légendaire qui, après avoir tué un oiseau de ce genre, prit modèle sur ce dernier pour confectionner le premier masque kanaga.
Ce type de masque se caractérise par une superstructure en forme de double croix dont les traverses portent de petites planches dirigées vers le haut ou vers le bas. Le montant central peut être surmonté de formes abstraites, de touffes de fibres rouges, de figures zoomorphes ou encore, comme ici, de figures anthropomorphes. Les figurines finissant par être endommagées en raison de la fréquence de l’utilisation des masques, il est rare de trouver dans une collection des exemplaires en parfait état. Les couleurs de la superstructure - intersections quadrangulaires noires sur fond blanc - s’inspirent de celles de l’oiseau kommolo tebu. A aussi soigneusement été peinte la partie en forme de casque, dans laquelle a été sculpté un visage rectangulaire doté de grandes fosses oculaires et coupé en deux dans le sens de la hauteur par une fine cloison nasale toute droite.

Les danses exécutées avec les masques kanaga, toujours exhibés en assez grand nombre, sont les plus spectaculaires. Elles figurent du reste, aujourd’hui, au nombre des attractions proposées aux touristes. Dès les années trente, Marcel Griaule avait pris note de diverses séries de pas de danse s’effectuant sur sept rythmes différents. À vrai dire, une seule de ces danses est réservée aux porteurs de masques kanaga. Selon Germaine Dieterlen, les mouvements des danseurs sont censés rappeler les gestes du dieu créateur amma au moment de la création du monde.