Masque facial

Masque facial

Les masques dogon sont liés aujourd’hui encore à des coutumes dont l’introduction est à mettre en relation avec l’origine de la mort. Le mythe met la mort sur le compte des manquements à l’ordre divin dont les premiers hommes se sont rendus coupables. Pour guider les morts vers le monde des ancêtres et rétablir l’ordre du monde des vivants, il est indispensable d’exhiber jusqu’à quatre cents masques à l’occasion du rituel exécuté tous les cinq ans en hommage aux morts (dama).

Ce masque anthropomorphe, autrefois peint en blanc, se compose de formes géométriques : de part et d’autre du nez en forme de flèche se situent deux fosses oculaires aménagées dans une longue dépression rectangulaire ; cette dernière s’étend jusqu’au rectangle légèrement en saillie tenant lieu de menton sous la bouche tubulaire. Les flasques sont ornées d’un décor en relief à base de triangles, tandis qu’un discret renflement vertical court de la racine du nez aux pieds de la fine statuette féminine qui se dresse au-dessus du visage. Cette dernière représente Yasa, sœur jumelle et épouse d’un des héros mythiques nommo qui apporta l’eau de pluie céleste sur terre en s’aidant d’une cruche. Cette eau, qui forma le premier lac, permit la vie sur terre.

En raison des deux cornes qui se dressent telles des oreilles de part et d’autre du visage, le masque a été considéré comme la représentation d’une antilope. Il fait songer à l’antilope mythique walu. Cet animal avait été chargé par le dieu créateur amma de protéger le soleil du renard (yurugu), qui espérait retrouver en lui sa sœur jumelle yasigi. Le renard, las de voir ses tentatives échouer, décida de se venger : il creusa dans le sol des trous qui firent tomber l’antilope. Bien que soignée par l’un des huit ancêtres qu’amma avait donnés aux hommes, l’antilope succomba à ses blessures. La danse du masque walu rend compte de cet épisode.