Masque facial

Masque facial

Une dynamique spectaculaire des formes et des couleurs anime ce masque tripartite. Son équilibre parfait découle d’une juste imbrication des volumes comprenant la figure centrale au sommet de laquelle un plateau horizontal est inséré, lui-même surmonté de deux figurines féminines debout sur sa tranche. Le visage du masque comporte comme élément central une bouche proéminente en losange, découvrant une denture puissante. Deux yeux ronds spiralés encadrent une protubérance évoquant un nez busqué rouge, positionné au niveau du front, décalé par la bouche imposante vers le haut du visage. Tous ces éléments sont reliés entre eux par un réseau linéaire rouge, blanc et noir, dont la cadence colorée est semblable à celle des cercles concentriques du regard. Une frise dentelée souligne l’ovale de la face tandis qu’une autre, plus grossière, évoque le départ du front. Le plateau fiché en travers du crâne comporte une ornementation géométrique en diagonales, rythmée par l’alternance des trois couleurs couvrant le masque entier. Les deux figures féminines, traitées avec naturalisme, semblent en équilibre sur le bord de la planche ; peintes en rouge, la teinte évoquant les génies et le danger, elles figurent, d’après Christopher Roy, les esprits de la nature, incarnés par tous les masques et qui assurent bien-être et fécondité à l’ensemble de la communauté.

Les Winiama, implantés entre la Volta rouge et la Volta noire, pratiquent un art des masques influencé par les traditions des peuples voisins, les Nuna, Lela et Nunuwa ainsi que par les Bwa du sud. Ces groupes de population sont essentiellement connus pour leurs masques zoomorphes. Les motifs géométriques polychromes qui les ornent semblent avoir été diffusés, selon Christopher Roy, par les Nuna.

La confection des masques et la connaissance de l’ornementation géométrique sont réservées à la population masculine qui transmet ces savoirs aux jeunes initiés. Les danses masquées accompagnent les nombreux rituels en hommage aux esprits des morts.

Bibl. : C. Roy, 1988, communication 1990, 1992.