Masque cimier

Masque cimier

Ce cimier tyiwara se rattache au type de cimier de forme abstraite essentiellement répandu dans la région du Ouassoulou, dans le sud-ouest du territoire bamana. Il se caractérise par la réunion de trois animaux différents : l’oryctérope (Orycteropus afer), le pangolin (Manis tricuspis) et l’antilope hippotrague (Hippotragus equinus).

C’est toujours l’oryctérope (timba) qui sert de base au cimier. Avec sa tête allongée, ses oreilles pointues, son corps arqué et ses pattes coudées, l’animal, relativement proche du modèle vivant, est facilement identifiable. Il porte sur le dos une structure ovale, presque fermée, représentant un pangolin (n’koso kasa) dans la position enroulée que prend l’animal tant pour se défendre que pour protéger ses petits. Cette figure stylisée est surmontée de deux excroissances verticales et de deux cornes - celles de l’antilope hippotrague (dega) - à laquelle renvoient aussi les deux oreilles. Selon Dominique Zahan, la communauté paysanne bamana perçoit un lien étroit, de nature symbolique, entre ces animaux et la culture de la terre, elle-même mise en relation avec l’acte sexuel. Elle établit en outre des parallèles entre la manière dont pousse le sorgho, céréale la plus importante pour les Bamana, et deux des animaux représentés ici, l’oryctérope et le pangolin. Le savoir-faire dont font preuve les hommes dans les champs est en effet comparé à l’aptitude qu’a l’oryctérope de s’enfoncer rapidement dans le sol et de s’aménager tout un réseau de galeries souterraines. Mais le travail de l’oryctérope est aussi rapproché de celui qu’effectue en germant la graine de sorgho, puisque cette dernière développe tout un système de racines qui s’enfoncent profondément dans le sol. Le pangolin, qui vit de préférence sur la terre et dans les arbres, fait en revanche songer à la tige de sorgho qui, courbée par le vent, demeure bien ancrée dans le sol grâce aux racines de la plante.