Grand masque casque

Grand masque casque

La société d’initiation la plus considérée chez les Bamana était le komo, dont les membres étaient répartis par classes d’âge. Presque tous les jeunes gens entraient au komo après être passés par la première société, le n’domo, et s’être prêté à la circoncision. La société d’initiation intervenait dans la célébration de tous les grands événements de la vie - naissance, circoncision, mariage, enterrement, etc. - et jouait un rôle important dans le culte rendu aux ancêtres et dans les rites agraires. Le chef de chaque komo local (komotigi), toujours issu du clan des forgerons, faisait en outre office de devin et de juge suprême. Le terme komo n’était pas réservé à la société d’initiation, il servait aussi à désigner ses membres - encore en vie ou déjà décédés -, ses objets sacrés, ses autels ainsi que le masque qui était exhibé en public à l’occasion de diverses cérémonies réparties dans l’année. La figure masquée passait pour être l’incarnation du premier forgeron, qui avait enseigné son art aux hommes.

Dans les masques komo, qui se portaient à l’horizontale sur la tête, se trouvent réunies les caractéristiques de divers animaux, présentes au niveau du corps du masque sculpté, mais aussi par le biais d’ajouts (plumes, piquants, os et cornes). En règle générale, la forme de base, sculptée dans le bois, se compose d’une tête hémisphérique dotée d’une longue gueule ouverte qui ressemble à une gueule de crocodile. Les différents matériaux ajoutés et la croûte épaisse obtenue avec la boue noire d’un lac ou d’un fleuve sacré ont une dimension symbolique qui augmente le pouvoir du masque.
Ajouts et couche de boue sont absents de ce bel exemplaire doté d’une gueule sur laquelle sont ordonnés quatre triangles, et d’oreilles pointues d’une longueur exceptionnelle. Seuls quelques infimes restes de plumes décelables sur la tête indiquent que l’ornementation a dû être autrefois plus abondante.