En raison de son style, cette tête de flûte iatmul ressemble à d’autres objets originaires de Kararau ou de Palimbei, surtout si nous prenons en compte la forme des yeux et du bec de l’oiseau. Ce bec permet d’identifier l’oiseau comme un aigle, ngawi, l’une des « enveloppes » ou « peaux apparentes » des ancêtres principaux des mythes.
La figure de l’aigle est essentielle ; elle est l’expression de la force physique et de la puissance guerrière du village. La vigilance de l’aigle aide à procurer la victoire aux hommes. L’oiseau sert également d’image de référence aux clans qui appartiennent à la moitié cérémonielle du ciel et du père.
Il paraît donc justifié de percevoir dans cet objet un bouchon de flûte traversière, bouchon qui était fixé à l’une des extrémités du tube de bambou dont le dernier noeud n’était pas percé. Les flûtes sont jouées par paire, la plus longue étant masculine, la plus courte, féminine et maternelle. Le son de ces flûtes représentait la voix ancestrale. La mélodie était donc produite par deux individus placés l’un en face de l’autre et soufflant alternativement. Les Iatmul préfèrent à deux lignes mélodiques l’intégration de deux éléments équivalents afin de créer une unité [1].
[1] Voir : Kelm 1966a, fig. 190 ; Schuster et al. 1970, no 33, p. 78- 79 ; Spearritt et Schuster 1978a ; Raymond Ammann, communication, 2004.