Ce malagan horizontal, très composé, représente deux oiseaux mordant la queue de deux serpents valval. Il a été collecté sur l’île de Simberi avant 1896. Parkinson [1] parle d’un malagan de type turu, vaval ou kulipumu. Sur les îles Tabar d’aujourd’hui, les sous-traditions malagan de Vuvil (également appelé Vaval) présentent un type de malagan qui se rapproche beaucoup de cet exemple [2].
En 1984, un malagan appartenant au clan Saterir, sur l’île Tatau, a été décrit comme une petite frise simplement appelée Vuvil [3]. Ce malagan, utilisé durant une cérémonie dite varam malagan, était destiné à lever les tabous après la période de deuil consécutive à un décès. À l’exception de détails mineurs comme les dimensions, l’espèce d’oiseau représentée ou l’addition de plumes de poulet, le motif du Vuvil décrit en 1984 ressemble à ce malagan Vaval de la collection Barbier-Mueller, collecté à la fin du XIXe siècle.
À cause de la sorcellerie korovar [4] , qui relève de Vuvil, le malagan de cette sous-tradition était associé à des maux capables de provoquer la mort. En outre, Vuvil ayant un « oeil de feu », il était censé pouvoir tuer. Cette réputation renforce les interdictions strictes qui l’accompagnent pour les femmes, les enfants, les non-initiés et les étrangers.
Plusieurs informateurs de Tabar ont indiqué en 1984 que Vuvil a son origine dans des peuples qui vivaient jadis à l’intérieur des terres (dans la brousse). Dans un contexte cérémoniel – celui d’un grand malagan, par exemple – les sous-traditions de Vuvil font intervenir un serpent malagan lové dans le bas de la maison où il est exposé. Le corps de ce serpent est fait d’une liane peinte en noir, sa tête est en bois d’Alstonia.
[1] Parkinson 1907, p. 647.
[2] Dans les sous-traditions turu ou kulepmu (ou kulipumu) de Tabar, on ne trouve pas de malagan représentant des oiseaux ou des serpents.
[3] Gunn 1984, notes inédites.
[4] La sorcellerie korovar repose sur un type de gingembre qui est travaillé sur le bois et cuit sur le lieu même où se déroule le rite.