Masque-heaume

Masque-heaume

Ce bel exemple de masque de type kakapavaga, originaire des îles Vitu, est entièrement en bois. Le « casque », de forme arrondie, est séparé de la tête par un renflement sous lequel de fines incisions dessinent une sorte de bandeau couvrant la partie supérieure du haut front. Le nez est long et étroit, les yeux sont ouverts sous leurs sourcils arrondis, les immenses lobes des oreilles sont détachés du visage. La peinture souligne la forme de la sculpture  : le nez et les sourcils sont blancs, les yeux sont cernés d’une couleur bleu-vert qui descend sur les joues en formant un triangle et remonte sur le front en une large courbe.

Pendant longtemps, on a cru que les tons bleu-vert étaient l’apanage des peintres sulka, mais c’était, chez les Tolai, une couleur rituelle à connotations magiques et cet artiste des îles Vitu montre qu’il en a également la maîtrise. Le bleu-vert s’oppose ici à un ton rouge léger, séparé du vert par des traits blancs, sauf pour les yeux et la bouche, qui donne l’impression d’être ouverte. On retrouve la même palette à l’arrière du masque et sur le haut (divisé en plusieurs zones verticales) ; elle accentue le caractère symétrique de l’objet quel que soit l’angle sous lequel on le regarde, et elle lui donne une expression réservée et sereine qui tranche par rapport aux masques d’initiation très expressifs en usage dans cette même tradition.

Selon l’interprétation qu’en donnent d’autres artistes de la Nouvelle-Bretagne, les formes allongées autour des yeux évoqueraient les larmes et la tristesse.

Ce masque est un exemple particulier du canon esthétique des artistes des îles Vitu et le seul masque-heaume complet en bois que l’on connaisse, mais sa forme a pu être influencée par des masques des Kilenge et, plus généralement, de la tradition de Tami-Siassi, avec laquelle les habitants de Vitu entretenaient des relations commerciales directes et indirectes.