Ce grand masque en bois mawa représentant un visage humain de forme allongée, au front saillant, au long nez et à la bouche grimaçante, est caractéristique du style associé à l’île Saibai, située à un kilomètre de la Nouvelle-Guinée. Bien que fortement stylisé, il contient des détails subtils du visage humain, que l’artiste a su habilement évoquer : rides du front, pommettes hautes marquées par un léger renflement, narines évasées. La partie supérieure des oreilles est caractérisée par un haut-relief évoquant les replis du pavillon externe. Le travail ajouré de la partie inférieure correspond à une ancienne pratique courante qui consistait à inciser les lobes et à les distendre à l’aide de poids destinés à cet effet. L’appendice en bois, de forme arquée, situé au sommet du front est inhabituel. Il pourrait faire allusion à des défenses de sanglier, marchandise de grande valeur dans la plupart des régions de Nouvelle-Guinée et de Mélanésie.
Contrairement à certains masques mawa existants, cette pièce a conservé une grande partie de ses cheveux, y compris les longues « dreadlocks » qui recouvrent le sommet de la tête, et les touffes rases insérées au-dessus des yeux, autour de la bouche et au bas du menton. La décoration peinte anime le visage d’une diagonale formant deux paires de triangles opposés. L’utilisation de ces masques a été assimilée à une forme d’action de grâce. La présence d’un danseur portant un costume en feuilles de noix de coco et un masque mawa à l’époque des moissons contribuait à garantir de bonnes récoltes pour l’avenir [1].
[1] Wilson 1988, p. 23.