Crochet anthropomorphe

Crochet anthropomorphe

Appelé agiba par les Kerewa, cet objet en bois sculpté présente un verso plat et sans aucune décoration et un recto orné de nombreux motifs. Les ciselures en relief (titi ba’e) représentent un être-esprit anthropomorphe.

La tête ronde comprend le front en croissant noir caractéristique, relié à un nez fin et à une bouche ouverte. Sur le visage peint en rouge, se détachent nettement deux grands yeux ronds insérés dans un motif en forme de larme. Ce motif, peint en blanc, se poursuit sur la poitrine et les épaules de la figure et se termine par deux points circulaires. Les bras sont ornés d’un dessin en forme de chevrons peints en rouge. Une bande en zigzag, représentant peut-être une ceinture en écorce ou en roseau tissé portée par les Goaribari, ceint la taille de la figure. Sous cette bande, on distingue deux pieds tournés vers le haut qui se détachent sur un fond rouge.

Stockées à l’intérieur de la longue maison (dubu daima), ces figures reposaient sur un support en bois (dodo’o). Le verso de cet agiba présente une entaille dans laquelle on passait une boucle en fibres de roseau tressées, utilisée pour le fixer au support. Des crânes humains (e’epu) étaient attachés avec des boucles en roseau aux deux formes allongées situées entre les bras et le corps de la figure. En 1914, Haddon a photographié un agiba, dans le village de Dopima, auquel étaient fixés entre 50 et 60 crânes.

En 2000, des anciens du village de Goari, sur l’île de Goaribari, ont confirmé que chacun des clans (gu) possédait un agiba auquel on attachait des crânes d’hommes, de femmes et d’enfants. Ces actes de violence faisaient partie intégrante des rituels consistant à honorer les êtres-esprits pour protéger la fertilité et le pouvoir commun du groupe.