Tambour cérémoniel

Tambour cérémoniel

Les tambours (wachu) faisaient partie de l’inventaire des maisons sacrées, mais aussi des habitations ordinaires. On en jouait à l’occasion de cérémonies spécifiques et secrètes, telles les festivités communautaires ou les initiations masculines et les danses.

Tout comme les modèles courants, les tambours cérémoniels étaient en bois et fabriqués d’une seule pièce. Évidés suivant une forme presque droite, ils étaient également sculptés. Les poignées se trouvaient au sommet du tambour ou juste au-dessus du léger étranglement marquant la taille de l’instrument.

La membrane était en peau de casoar ou de lézard (biowak). Les motifs gravés sur les tambours présentaient une grande similitude avec ceux qui figurent sur les plats en bois. Parfois, le tambour était entièrement décoré, mais il arrivait aussi que seule la section médiane le soit, à l’inverse des parties supérieures et inférieures qui ne présentaient aucun ornement. Dans certains cas, les parties inférieure et centrale étaient décorées, la partie supérieure restant lisse.

Ce tambour finement décoré présente des motifs géométriques et figuratifs élaborés. Selon Hoogerbrugge (1967, p. 73), la valeur d’un tambour ne dépendait pas de la quantité de ses ornements. Mais les populations de la région du lac Sentani lui ont affirmé que la partie centrale devait toujours être décorée. Cette ceinture ornementale était comparable à celle en étoffe d’écorce que les ondoafi portaient autour des reins (Hoogerbrugge, 1967, p. 73), ce qui indique que les tambours occupaient une place particulière dans les sociétés du lac Sentani.

Dans la baie de Humboldt, les tambours qui appartenaient à l’inventaire des maisons sacrées des hommes étaient désignés d’après des noms d’ancêtres mythiques. Ce phénomène suggère que les tambours représentaient des hommes bien précis, ou même qu’ils incarnaient des ancêtres. Les parties centrale et supérieure de ce tambour sont décorées d’un entrelacs de spirales. La partie inférieure est ornée de deux figures avec une tête en forme d’oiseau stylisé. Ces deux figures sont reliées par leurs ailes – ou leurs membres – déployées.