Grand poteau de maison monoxyle

Grand poteau de maison monoxyle

Les sculptures architecturales font partie des maisons des hommes et des ondoafi. La maison des ondoafi occupait une place exceptionnelle et dominante dans le village. Elle était beaucoup plus grande que celles des personnes ordinaires, et son extérieur, tout comme son intérieur, était orné de sculptures sur bois.

Les poteaux centraux constituaient les éléments les plus impressionnants de cette architecture. Ils étaient fabriqués dans des troncs d’arbre dont seules une ou deux racines aériennes étaient conservées. Ils étaient plantés dans l’eau, la tête en bas. Une ou deux planches épaisses étaient taillées dans les racines et formaient une projection en forme d’aile de un ou de chaque côté de l’extrémité du tronc. Ailes et tronc étaient ornés de dessins géométriques et figuratifs. Des motifs curvilignes et des animaux stylisés, tels des lézards ou des poissons, étaient souvent incisés sur ces extensions en forme d’aile, tandis que les poteaux eux-mêmes représentaient généralement une figure humaine sculptée plus ou moins en saillie.

Ce poteau de maison est surmonté de deux extensions en forme d’aile, révélant des dessins curvilignes et des arabesques. Le tronc lui-même est décoré des deux côtés. Le « dos » est orné d’une sculpture en bas relief, évoquant une figure humaine accroupie, de 91 cm de haut. Sur le « devant », se détache un autre personnage mâle très élaboré, qui présente des éléments gravés semblables à des tatouages sur le haut des bras et de la poitrine.

La position statique et particulière de ses bras et de ses jambes, de même que la forme de sa tête, est caractéristique du style artistique de la région du lac Sentani. On retrouve des statues similaires non seulement sur des poteaux de maison, mais aussi sur des poignées de couteau et à l’extrémité de spatules.

Selon les sources de Hoogerbrugge, les figures humaines sculptées sur la partie supérieure des spatules portaient le nom de toerlo uno, signifiant « statue humaine ». Parfois, les populations décrivaient ces figures comme des « morts » (Hoogerbrugge, 1967, p. 61). On ignore si ces descriptions s’appliquent également aux statues plus grandes, mais l’on suppose que les grandes figures des poteaux de maison sont des représentations de héros culturels et d’ancêtres.