Le type de crochet à deux têtes prolongées par des becs d’oiseau (motif communément dénommé « tête Janus ») est bien connu dans la région du moyen Sepik, et plus particulièrement chez les populations Iatmul, Chambri et Kaningara, toutes situées au sud du fleuve.
En général, ces oiseaux, qui ornent également les têtes des flûtes de clan, sont l’une des formes sous laquelle les ancêtres peuvent se manifester. En installant ces images à l’intérieur des habitations familiales, ces groupes intégraient les êtres surhumains ainsi représentés dans leurs vies quotidiennes.
Les crochets supportaient les sacs contenant des réserves de nourriture mais aussi tout autre objet qu’il fallait protéger des attaques d’insectes et de rats, et peut-être davantage de l’influence d’esprits malfaisants. Autrefois, chaque section d’une maison d’habitation rassemblait toutes les femmes mariées à un homme autour de leurs foyers individuels avec leurs enfants et leurs biens. L’espace laissé libre entre les foyers était occupé par d’énormes sacs tressés cylindriques qui servaient de moustiquaires collectives. Vu d’en dessous, ce crochet révèle une seconde image, celle de la bouche d’un poisson, sans doute un kami (en langue iatmul), silure ou poisson-chat, figure importante des discours initiatiques.
Bibliographie : Coiffier, 2004 ; Obrist et Denner (éd.), s. d., catégorie 8 ; Schefold, 1966, pp. 30, 47, 233-234 ; Schmitz, 1971, pl. 73 ; Schuster et al. (éd.), 1970, no 30, pp. 72-73.