Pendentif

Pendentif

Ce pendentif-grelot en bronze a été exécuté par la technique de la fonte à la cire perdue. Il représente un avatar local de la « grande déesse », reconnaissable à ses animaux attributs : les deux oiseaux perchés sur les épaules de la petite femme au corps circulaire, aux grands yeux ronds, à la coiffe simulant deux cornes (particularité visible sur les représentations féminines, au Luristan), tenant dans ses bras un enfant hautement stylisé.

Acquis à la fin des années 1950, cet objet réputé provenir de Marlik même (à l’époque, on parlait d’« art d’Amlash », localité moderne où les marchands de Téhéran venaient acquérir le produit des fouilles effectuées par les indigènes) appartient à une série bien représentée dans les collections privées, mais dont aucun exemplaire intact n’a été trouvé lors des fouilles scientifiques conduites sur le site de Marlik.

Negahban a découvert et publié un pendentif très endommagé [1], composé lui aussi d’un cercle de bronze sur lequel est appliqué un élément cruciforme délimitant, comme ici, quatre quartiers occupés par des cercles concentriques. Plusieurs tertres funéraires autres que Marlik ont été fouillés par les paysans du Guilan (sort auquel ont partiellement échappé les nécropoles de Kaluraz et de Dailaman, en particulier).

On ne saura probablement jamais si les « tombes princières » de Marlik étaient celles de souverains régnant sur une partie importante du Guilan, ou au contraire d’aristocrates locaux, d’autres « trésors », soit connus, soit gisant encore sous terre, ayant appartenu à leurs homologues de bourgades ou districts voisins.

Rappelons enfin que, dans la province voisine du Mazanderan, une tombe contenant d’étonnants objets en or, magnifiquement décorés, de style très semblable, a été découverte par hasard lors de l’aménagement du parc d’une résidence du dernier shah.

Publ. : Cat. exp. Zurich 1962, n°701 ; cat. exp. Genève 1966, n°464, fig. XI ; Barbier 1970, n°182 ; Zimmermann 1991, p. 76-77.

[1] Negahban 1996, II, pl. 68, n°270.