Ornement

Ornement

On a supposé que ce type d’ornement pouvait être une « attache de ceinture [1] » ou une « pièce de harnachement [2] ». Les deux suggestions n’ont rien d’invraisemblable, si l’on se trouve en face d’un objet votif ou funéraire, non d’usage courant, en raison de la minceur de la tige reliant les deux plaques (elles-mêmes très fragiles) et des deux crochets recourbés, à l’arrière.

Or la présente pièce montre, dans le protomé d’ibex de la plaque du haut, les traces d’une restauration antique : des trous ayant permis de consolider une cassure au moyen de liens en fibre ou en cuivre, disparus. En bonne logique, qui dit restauration dit usure, donc usage. Lequel ? Nous n’en savons rien.

Les deux plaques sont décorées au repoussé et ensuite retouchées au burin, de deux représentations de félins à la musculature bien dessinée, préfigurant les images d’animaux achéménides.

Quant au thème du félin menaçant un cervidé ou un caprin, tout comme celui du griffon attaquant un cerf ou un lion, il appartient à la plus haute Antiquité mésopotamienne (bas-relief de Kish), d’où il essaimera via la Crète sur le continent et, par les échanges interculturels entre nomades, jusque dans les steppes de Sibérie et les confins de la Chine. Sa signification, sur le plan magico-religieux, pouvait changer au cours de ces pérégrinations, selon les croyances du peuple qui l’adoptait.

Publ. : Cat. exp. Genève 1966, n°51 ; Barbier 1970, n°29, p. 11 et 51 ; Amiet 1976, p. 83, n°1 ; Barbier 2000, p. 251.

[1] De Waele 1982, fig. 176.

[2] Zimmermann 1991, pl. 20.