Masque

Masque

Ce masque unique par le style a été acquis de Nicolas Koutoulakis à Paris, qui l’avait
obtenu du marchand de Téhéran Ayoub Rabenou, lequel avait puissamment aidé A.
Godard à former sa belle collection de bronzes du Luristan, plus tard rapportée en France
et qui fait partie des collections du Louvre. À cette époque, Godard était directeur général
des Services archéologiques en Iran (depuis 1928).

Selon Rabenou, le masque et
quelques menus objets avaient été découverts dans une tombe du
Luristan, sans autre précision. On ignore s’il recouvrait le visage du mort, ou s’il avait été
fixé sur une statue de bois, à l’imitation de certaines effigies divines mésopotamiennes,
dont le corps et le visage étaient faits de deux matériaux différents.

Quoi qu’il en soit, en dépit de sa spécificité morphologique, on retrouve certains traits
stylistiques communs aux bronzes du Luristan : absence de front, sourcils arqués se
rejoignant au niveau de l’arête nasale, grand nez droit, pommettes saillantes, boucles
latérales. Ces traits, (y compris les yeux en amande) se retrouvent sur certaines épingles
à disque au décor repoussé ou quelques idoles de Piravend).
Soit vestige d’un style par ailleurs inconnu, très influencé par la Mésopotamie, soit création
d’un artiste inspiré, l’objet garde son mystère.

Le visage lui-même a été fondu à la cire perdue. Il est encadré de bandeaux rivetés
obtenus par martelage, avec des boucles gravées. Sous le menton, une plaque non
décorée devait former une sorte de pectoral ou de couvre-gorge fait de plusieurs
éléments, une plaque plus large, non nettoyée, ayant été conservée, qui était peut-être séparée de celle demeurée en place, rivée, par une
plaque de dimension intermédiaire.
La surface du masque était-elle étamée ou s’agit-il d’un bronze à forte teneur d’étain ?

Publ. : Cat. exp. Genève 1966, n°39, pl. 25 ; Barbier 1970, n°28, p. 50 ; Zimmermann
1991, pl. 19.