Groupe (étendard, support et épingle de fixation)

Groupe (étendard, support et épingle de fixation)

Grande « idole » du type le plus complexe. La partie centrale représente le corps du « maître des animaux », flanqué de deux fauves aux cous arrondis que le héros tient par la gorge (ses bras, repliés, portent des bracelets de section arrondie). De la base du cou des félins saillent des têtes d’oiseau, des coqs crêtés. Le « maître des animaux » porte un collier à plusieurs rangs ; au dernier rang sont attachées des pendeloques rectangulaires formant une sorte de pectoral souligné par deux bandoulières croisées sur la poitrine. Sur le ventre et le bas-ventre du héros sont placés deux petits visages humains, semblables par le style à la face du personnage principal : nez fortement saillant, yeux aux paupières lenticulaires où sont enchâssés de gros yeux ronds, dont la signification mythique nous échappe. La tête la plus basse est de nouveau soulignée d’un collier plus petit.

Une « idole » assez semblable à celle-ci se trouvait dans la collection Godard [1], présentant, moins visible, la queue des félins partiellement rentrée entre leurs pattes postérieures, et ressortant au niveau du bas de ces pattes pour former deux boucles. L’« idole » Godard possédait en outre un troisième petit masque entre les pattes du félin, peu lisible.

L’examen attentif de la patine semble montrer que la base appartiendrait bien à cet ensemble, quoique l’épingle de fixation ait été perdue et remplacée par une tige moderne de bronze usinée. Les « idoles » et les supports, trouvés en quantités (nous l’avons vu de nos propres yeux chez des antiquaires de Paris ou de New York dans les années 1960-1970), étaient souvent mélangés et redistribués par les découvreurs, ou par les intermédiaires à qui ils les cédaient.

C’est le lieu d’ajouter que, si aujourd’hui l’Iran se préoccupe à juste titre du pillage de ses sites archéologiques, en revanche, entre 1950 et la chute du régime impérial, d’immenses collections ont été formées par des collectionneurs iraniens ou étrangers (comme A. Godard) et exportées en toute liberté. En témoignent celles qui ont trouvé leur chemin dans une quantité de musées américains et européens, et qui circulent toujours en nombre sur le marché de l’art.

[1] De Waele 1982, ill. de couverture, objet de droite, description dans le catalogue n°120.