L’attitude figurée est celle d’une femme marchant, pied gauche avancé. Une telle statuette, issue d’un trousseau funéraire, appartenait probablement à la catégorie des porteuses d’offrandes, en dépit de l’absence de vannerie posée sur la tête et éventuellement tenue par la main gauche.
En revanche, le bras droit, qui tombe naturellement le long du corps, montre une main fermée sur un objet aujourd’hui disparu. La femme porte une tunique seyante, longue, arrêtée aux chevilles. Le modelé du corps révèle une silhouette élancée, avec une taille fine, délicatement marquée. Une lourde perruque tripartite encadre un visage expressif, large au niveau du front qui s’amincit vers le menton. Ses grands yeux sont ici surmontés de sourcils horizontaux, dans lesquels on retrouve le style de la VIe dynastie.
Néanmoins, l’attitude de la dame et son vêtement empêchent d’y reconnaître une « concubine » du mort, habituellement représentée nue. La statuette désigne plutôt, dans ce cas, une servante proche des processions de femmes, sculptées sur les reliefs des mastabas de l’Ancien Empire, qui symbolisaient les domaines agricoles des défunts.
La différence manifeste de hauteur des épaules paraît bien plaider en faveur d’un bras gauche levé et plié au coude pour tenir en équilibre une corbeille ou un panier sur sa tête. Malgré ces mutilations, cette œuvre témoigne de sensibilité et d’une délicatesse de traitement qui s’inscrit dans les courants artistiques provinciaux du Moyen Empire et, en particulier, de la XIIe dynastie [1].
[1] Pour des exemples d’attitude voisine, cf., par exemple, Leipzig, Kat.-Nr. 134 (Krauspe 1997, p. 78-79 ; Tf. 74), et Cleveland 140 (Berman 1999, p. 192-193). Pour le style, cf. Cleveland 141 (ibid., p. 193-194) et British Museum 2373 (cf. Wildung 2000, p. 170).