Portrait de momie représentant un homme barbu

Portrait de momie représentant un homme barbu

C’est à partir de la seconde moitié du Ier siècle de notre ère qu’apparaissent les « portraits de momies », dits également « portraits du Fayoum ». Cette seconde dénomination devrait d’ailleurs être abandonnée, depuis que des découvertes semblables ont été faites en Haute-Égypte et dans les oasis du désert occidental.

Ces portraits, en réalité, ne doivent rien à la tradition égyptienne ; c’est plutôt à celle du portrait romain qu’il convient de les rattacher. Leur technique d’exécution est d’ailleurs tout à fait particulière : il s’agit, en l’occurrence, de peintures exécutées sur planchettes de bois, à l’encaustique, c’est-à-dire à la cire liquide.

Ces tableaux, outre leur qualité technique, possèdent une remarquable expressivité qui invite à supposer qu’ils ont été exécutés du vivant de leur propriétaire.

Dans l’exemplaire présenté ici, on observera en particulier l’effet des rehauts blancs dans les yeux, qui, avec l’asymétrie des sourcils, confèrent au personnage une expression singulière. Il s’en dégage une sorte de mélancolie résignée qui s’accorde bien avec la destination de la peinture. On notera également que la présence des cheveux bouclés et de la barbe frisée autorise, par des parallèles, une datation de ce portrait des années 170 à 220 après J.-C [1].

Publ. : Zimmermann 1991, p. 154-155.

[1] Bibliographie : pour des exemples voisins, cf. Parlasca 1966.