Ce groupe de petits objets en bronze illustre les rapports complexes qu’échangent la Grèce et les Balkans ainsi que l’Europe en général dans les moments si troublés qui font passer de la fin de l’âge du Bronze au début de l’âge du Fer.
Il s’agit de pendeloques de formes diverses que l’on connaît en particulier par de nombreuses trouvailles faites surtout (mais pas seulement) en Grèce du Nord (Macédoine, Thessalie), dont la frontière avec l’Europe centrale est par ailleurs bien difficile à définir en une période aussi haute.
On y trouve aussi des objets caractéristiques de ces dépôts funéraires, plusieurs petites pyxides munies de leurs couvercles qui y sont fixés grâce à des trous percés dans des appendices en forme de longs becs d’oiseau recourbés qui s’épousent étroitement, l’un appartenant au corps du vase, l’autre à son « chapeau » : un lien pouvait aisément y être passé, fixant les deux parties tout en permettant qu’elles s’introduisent dans un système de pendeloques. Ces protomaï d’oiseau sont par ailleurs largement répandues dans les décors de l’Europe danubienne de même que dans ceux de l’Italie du Nord villanovienne.
C’est un fait qui doit être retenu dans toutes les questions qui touchent à la dernière phase de peuplement de la Grèce : les fouilles de Vergina en ont relancé la problématique. Ici, sur ces pyxides, le pied du récipient se forme tantôt d’une structure tréflée rythmée par la présence d’un disque où certains voient un symbole solaire (202-256), tantôt d’arabesques en bronze (202-257) élégamment dessinées, tandis que les parois sont ornées de quadrillages divers (202-256 et 202-259).
Ces objets de parure, d’après les rapprochements que l’on peut faire avec des trouvailles bien datées, doivent être placés plutôt dans la période qui s’étend de la fin du VIIIe aux premières décennies du VIIe siècle avant J.-C.