L’œuvre impressionne par ses dimensions comme par le matériau, le porphyre, qui évoque le luxe. Elle impressionne aussi par la force de l’image, une face barbue dont l’impassibilité fait songer à un masque. Une barbe large et très fournie, faite de la réunion de colonnes de boucles saillantes pressées les unes contre les autres, que complète une moustache en accolade, dissimule tout le bas du visage.
Ce que l’on en voit met l’accent sur le regard, que l’ouverture des yeux rend d’une fixité fascinante. Le front triangulaire est bordé de réseaux de mèches à peine ondulées qui se dirigent vers l’arrière de la tête. Au haut du front, un attribut interrompu par la cassure peut s’interpréter comme un motif de feuille, qui devait préciser une image difficile à interpréter dans son état actuel. Ce fragment sculpté d’un goût exotique, qui rappelle les effigies de Sérapis, a quelque chance d’avoir été créé au IIe siècle.
À l’époque romaine, le porphyre était extrait d’une seule carrière à l’est du désert égyptien, dans une montagne nommée Mons Porphyrites, aujourd’hui appelée Gebel Kokham. Au début utilisé avec parcimonie, on en fit un usage intensif sous les règnes de Trajan (98-117 après J.-C.) et Hadrien (117-138 après J.-C.) et de nouveau au IVe siècle, durant la Tétrarchie.
Publ. : Delbrueck 1932, p. 173 ; Rácz 1965, n°140 ; Jucker 1967, n°231, p. 89 ; Goethert 1972, p. 47 ; Zimmermann 1991, p. 156-157.