Les sites de Çatal Höyük et de Hacilar en Anatolie centrale furent fouillés à partir de 1960 par l’archéologue anglais James Mellaart. Ils sont remarquables par leur taille, la richesse de leur matériel archéologique et artistique, et par le fait exceptionnel de la conservation des habitats, des objets et des fresques murales en place. Ils révèlent une civilisation sédentaire déjà complexe, avec un habitat typique – des villages sans rues, constitués de bâtiments juxtaposés auxquels on accédait par le toit. Certaines de ces habitations ont pu être interprétées comme des temples voués à la déesse : les décors muraux et les objets retrouvés sur ces sites associent sous de multiples formes figurations féminines et taureaux.
Cette figurine du Néolithique ancien d’Anatolie centrale représente une femme qui semble vêtue d’une robe ample. Les traits du visage sont seulement esquissés, la tête et le corps sont corpulents et massifs, cette figure est assise : « Cette position deviendra le symbole fondamental de la présence divine dans la mesure où elle suggère le mieux le calme et la majesté. Toute une postérité de divinités trônantes sortira de cette image préhistorique… Y aurait-il un lien entre la sédentarisation de la déesse et celle de ses adorateurs ? », écrit Jacques Cauvin à propos des plus anciennes statuettes du Néolithique de Palestine. La très petite taille de cette figurine en marbre et sa facture stylisée laissent penser qu’il pouvait s’agir d’une amulette ou d’un talisman.
Publ. : Zimmermann 1991, p. 26-27 ; Barbier 2000, p. 11.