Un certain nombre d’autels du même type que celui de la collection Barbier-Mueller ont été trouvés lors de fouilles archéologiques, à l’intérieur même d’habitats regroupés en hameaux ou villages, datant de l’époque chalcolithique. Depuis la première découverte fortuite à la fin des années 1950, une soixantaine de ces autels ont été dénombrés. Le site de Rasm Harbush en a même livré cinq pour une même maison.
La fonction de ces autels était celle de récepteur d’offrandes, placés dans les demeures les plus importantes comme celles des chefs ou des responsables de culte. L’utilisation du basalte dit de « Dalwe » témoigne d’une création locale, cette matière étant très répandue dans la région. L’appellation de pillar figures [1] est due à la forme caractéristique de ces pièces ainsi qu’à la représentation schématique d’une figure humaine : la proéminence du nez, la position des yeux, les protubérances de chaque côté pouvant représenter des oreilles. Quant à leur fonction, l’archéologue Claire Epstein, qui utilise aussi le terme de « statues » ou d’« idoles », suppose qu’elles participaient à des cultes domestiques et familiaux afin d’assurer la prospérité des récoltes et des élevages. Christoph Uehlinger avance aussi l’hypothèse de la représentation d’un esprit de la nature à invoquer ou à apaiser [2].