Plaque de ceinture

Plaque de ceinture

Cette plaque de ceinture en bronze doré met en scène un loup cheminant, vu de profil, dont les quatre pattes sont représentées. Rembourrées à leur extrémité, elles sont munies de cinq griffes. Une longue crête ressemblant à une crinière s’étend depuis le front de l’animal jusqu’au milieu de son dos. Son museau exagérément retroussé et ses mâchoires ouvertes révèlent des dents acérées qui caractérisent sa nature prédatrice. Un pénis bien visible indique qu’il s’agit d’un mâle. La plaque porte deux passants rectangulaires au revers.

La présence de la dorure laisse penser que cette plaque a probablement été exécutée dans un atelier de la Chine Han occidentale pour les Hsiong-nou, groupe nomade d’Eurasiens orientaux, fondateurs du vaste empire des steppes, qui a fait contrepoids à celui de la Chine Han, au sud de la Grande Muraille. Rien ne prouve à ce jour que les Hsiong-nou maîtrisaient la technique de la dorure à l’amalgame, à moins qu’ils n’aient bénéficié du savoir-faire de métallurgistes Han itinérants ou captifs.

Deux plaques en miroir, représentant un carnassier très similaire, ont été découvertes dans une ancienne tombe Han occidentale à Shuo Xian, au nord-ouest de la province de Shanxi [1]. Malgré leur complexion de loup et leurs pattes à griffes, ces animaux ont été décrits comme des chevaux dans le rapport de fouille.

Le niveau de la tombe où ces plaques ont été mises au jour est daté du début de la période Han occidentale grâce à la présence de monnaies ban liang aisément datables. Deux plaques en miroir dorées appartenant à une collection privée de Hongkong représentent également deux prédateurs canidés semblables à l’animal de la présente plaque [2].

Publ. : Barbier 1996, n°74, p. 65.

[1] Wenwu 1987, p. 12, fig. 32 et pl. 3.5.

[2] Rawson et Bunker 1990, p. 338-339.