Cette plaque de ceinture ajourée met en scène deux yacks présentés sur leurs quatre pattes, la tête vue de face et le corps de profil. Ils sont aisément identifiables de par les dépressions lancéolées qui occupent la partie inférieure de leur corps et l’extrémité de leur queue pour symboliser leurs longs poils. De telles alvéoles laissent penser que le motif dérive d’un modèle antérieur ponctué d’incrustations de couleur.
À l’origine, cette plaque possédait son pendant, avec lequel elle formait une boucle de ceinture complète. Le cadre est constitué par une série de rectangles creusés, typiques de certaines plaques hsiong- nou datant entre le IIe et le Ier siècle avant J.-C., et notamment de celles qui ont été trouvées dans la région de Minussinsk, au sud de la Sibérie [1].
Différentes versions de ce motif de plaque ont été découvertes à travers le nord de la Chine [2] et en Sibérie méridionale [3], partout où les hsiong-nou ont étendu leur domination durant la période Han occidentale. Les yacks, précieuses bêtes de somme en haute altitude, faisaient partie des principaux animaux élevés par les hsiong-nou durant les deux derniers siècles avant notre ère, comme en témoigne le Shiji, célèbre ouvrage de Sima Qian qui retrace l’histoire de la Chine.
Publ. : Barbier 1996, fig. 23, p. 19, et n°53, p. 55.