Plaque-boucle

Plaque-boucle

Cette plaque rectangulaire ajourée, dotée d’un crochet sur la face antérieure du bord gauche, est la contrepartie gauche d’une paire en miroir qui constitue la boucle de ceinture complète. Son décor, apparemment géométrique, est en fait une simplification stylisée d’un motif plus ancien, consistant en ramures qui se terminent par des têtes de rapace et se présentent comme des symboles isolés, non rattachés à l’image du cervidé. Une version antérieure de ce concept est illustrée par une plaque comprenant encore des têtes de rapace et se trouvant au County Museum of Art de Los Angeles [1], et par un exemplaire découvert à Ulaangom, au nord-ouest de la Mongolie, attribué aux Rouzhi [2].

Les dépressions lancéolées dans le motif peuvent dériver d’une tradition d’incrustations plus ancienne. Une telle interprétation relie cette plaque à une boucle ornée d’un ongulé présentant des ramures ornées de têtes de rapace, appartenant à un ancien système mythologique qui remonte à l’art sace en Asie centrale et à l’art scythe dans la région de la mer Noire de l’Eurasie occidentale [3].

Les bois terminés par des têtes de rapace peuvent également faire allusion à l’arbre cosmique, symbole important des steppes eurasiennes, étroitement lié au chamanisme. Enracinée dans un passé lointain, cette religion centrée sur la nature stimulait la création de symboles représentant les relations complexes entre l’homme, les forces de la nature et le surnaturel [4].

Publ. : Barbier 1996, fig. 63, p. 60.

[1] Bunker 1981, p.165, n°879.

[2] Novgorodova 1980, fig.168.

[3] Bunker 1989 ; Bunker et al. 2002, p. 26-27.

[4] Barbier 1996, p. 60, n° 63.