La plaque circulaire en bronze bordée d’une rangée d’alvéoles appartenait vraisemblablement au harnachement d’un cheval. Peut-être prenait-elle place à l’intersection des courroies. Pourtant, ses dimensions relativement importantes invitent à penser qu’il pourrait s’agir d’un ornement qui ornait le haut du chanfrein. Ou encore le poitrail, à la manière de la plaque à la panthère enroulée d’Arjan.
Tôt attestées dans le monde scythe, de telles plaques circulaires métalliques à la fois fonctionnelles et ornementales, les phalères, connaissent un grand succès au IVe siècle dans les steppes du nord de la mer Noire, et par la suite chez les Sarmates. Avec le temps, leur caractère ornemental se fait de plus en plus marqué.
Ici, le motif tout en courbes qui occupe le champ traduit avec une efficacité remarquable l’idée de mobilité. À l’extrémité d’un cou exagérément long dont les sillons incurvés accentuent l’effet de tourbillon tournoient trois têtes. Oreille en amande effilée pointée vers l’avant, bourrelet en bosse sur le front, présence d’un fort bec arqué qui semble mouvoir le motif triangulaire central, il s’agit à l’évidence de trois têtes de griffon.
Le parallèle s’impose avec une plaque frontale de harnachement en bois du VIe-Ve siècle sensiblement du même diamètre trouvée dans l’Altaï, qui montre deux griffons tournoyant [1]. Mais on a aussi une variante hellénisée du même motif avec la phiale en or trouvée en 1990 lors des fouilles du kourgane de Bratolioubovka (Ukraine, IVe siècle), sur laquelle six chevaux harnachés tournoient autour d’un bouton d’ambre [2].
Publ. : Zimmermann 1991, p. 96-97 ; Schiltz 1994, fig. 46 ; Barbier-Mueller 1996, fig. 17, p. 14, et n°4, p. 36.