Une biche en éveil, représentée tête dressée, les pattes repliées sous elle, constitue cet ornement d’attelage funéraire. Le corps a été moulé en creux pour s’adapter sur le joug arrondi d’un attelage à roues, utilisé dans des rites funéraires. Le présent ornement, qui constitue une seule pièce avec les oreilles, a été moulé sous forme de multiples.
Toutefois, ici, contrairement au bélier, les sabots ne sont plus tournés vers le haut et le bas, mais effilés en pointe. Cette position particulière des sabots pourrait indiquer la vitesse au lieu d’une pose allongée, car le « galop volant », synonyme de célérité, n’est pas apparu dans l’art des steppes eurasiennes orientales avant le début du IIIe siècle avant J.-C.
L’ouverture circulaire dans le museau creux de la biche est caractéristique des images de cerf découvertes dans des tombes nomades dans les prairies du sud de Ningxia et du sud- est de Gansu [1]. Chaque oreille est représentée par un triangle, dont la base débute par une spirale intérieure, autre caractéristique de figures trouvées dans cette région [2].
À l’est des montagnes du Taihang, l’utilisation d’un dais au-dessus des défunts suggère un mode de vie plus sédentaire que celui qui existait à l’ouest du Taihang, où les chars funéraires à roues semblent avoir été la norme, jusqu’à l’apparition des guerriers à cheval à la fin du IVe siècle avant J.-C. Dès lors, l’accent a été mis sur l’animal plutôt que sur le véhicule. En fin de compte, la coutume consistant à orner un attelage funéraire à roues provient de rites funéraires pratiqués antérieurement par les Scythes en Eurasie occidentale [3].
Publ. : Barbier 1996, n°66, p. 62 ; Bunker 2006, fig. 23, p. 107.