Une rangée de sept oiseaux de mer au long cou, présentés de profil, orne le bord supérieur de la garniture de ce fourreau de poignard incurvé. Les garnitures de fourreaux de poignard en bronze étaient des objets utilitaires typiques, associés aux pasteurs chinois non Han qui habitaient le Dongbei (nord-est de la Chine) durant la première moitié du Ier millénaire avant J.-C.
La corpulence des oiseaux et la puissance de leurs pattes laissent penser qu’il pourrait s’agir de cygnes, gibier à plume populaire, souvent chassé jadis au nord-est de la Chine. Ajouré, cet ornement présente des ouvertures rectangulaires obliques, marquées par deux rangées d’hémisphères en relief sur la face. Il est muni à chaque extrémité de deux anneaux carrés, l’un sur le bord supérieur et l’autre sur le bord inférieur. Un éclat de métal visible à l’intérieur des ouvertures du motif indique que la garniture du fourreau est un moulage d’une seule pièce. Les oiseaux semblent avoir été prémoulés, puis insérés dans le moule à fonte.
Une garniture de fourreau de poignard non décorée, de forme similaire, découverte dans un cimetière chinois non Han à Xiaoheishigou, comté de Ningcheng, au sud-est de la Mongolie intérieure, a été provisoirement datée entre le VIIe et le VIe siècle avant J.-C [1]. Une autre garniture du même type, appartenant à la collection Eugene Thaw, est surmontée d’une rangée de neuf oiseaux, dont l’espèce a l’air moins vigoureuse que celle des sept qui ornent le présent modèle [2]. Les fourreaux semblent avoir été d’abord utilisés par des Chinois non Han, avant d’avoir été adoptés par les Chinois de la dynastie Han.
Publ. : Barbier 1996, fig. 57, p. 57 ; Bunker 2006, fig. 6, p. 95.