Doté de cornes nervurées, un bouquetin debout surmonte un socle elliptique, pourvu d’un anneau latéral. L’ensemble, qui constitue un décor terminal, faisait partie à l’origine d’une série d’accessoires ornant un dais funéraire. Bon nombre de décors terminaux similaires surmontés d’ongulés ont été découverts dans des sites près de Zhangjiakou dans le Hebei Nord, indiquant le raffinement des rituels funéraires. Le dais, qui était alors dressé au-dessus de la bière du défunt, arborait un de ces décors terminaux à chacun de ses coins.
De tels éléments de décoration, fondus à la cire perdue, sont apparus plus tôt dans un immense site funéraire à Arzhan, près d’Uyuk dans la Touva, au cœur des montagnes de Sayan dans la Sibérie méridionale, daté du VIIe siècle environ avant J.-C. [1].
Ces coutumes funéraires se retrouvent dans les anciennes pratiques du sud de la Russie, comme en témoigne le cimetière de Maikop, qui contient les vestiges d’un dais orné de quatre décors terminaux datant du IIIe millénaire avant J.-C. [2].
Les tribus pastorales habitant le Hebei Nord semblent avoir été relativement sédentaires. Elles comprenaient essentiellement des marchands de fourrures et des chasseurs à cheval. En quête du gibier saisonnier, ils ne parcouraient que de brèves distances vers les différents terrains de chasse.
Situé dans la province du Hebei, Zhangjiakou était un grand centre de tannage du cuir et servait de porte à la Mongolie ainsi qu’à d’autres destinations du Nord. La route empruntée était celle que suit aujourd’hui le Transmongolien qui relie Beijing à Irkoutsk. Ce commerce sur de longues distances expliquerait en partie les similarités entre les décors terminaux de dais découverts à Arzhan et ceux des sites du Hebei Nord.
Publ. : Bunker 2006, fig. 15, p. 101.