Embout arrondi enrobant d’une matière dure l’extrémité du fourreau afin d’empêcher que la pointe de l’arme ne blesse son porteur en transperçant le cuir ou le bois de l’étui, la bouterolle était pour des nomades cavaliers une pièce d’équipement indispensable. Toujours à cheval, ils portaient au côté en toutes circonstances l’akinakès, l’épée courte du combat rapproché.
On faisait volontiers appel, pour les bouterolles, à l’os ou à la corne. Matériau familier dans un milieu d’éleveurs et de chasseurs, à la fois résistant et naturellement creux, facile à travailler sans technologie particulière et sans autre outil que le couteau, il faisait concurrence au bronze dans la fabrication de nombreuses pièces d’équipement, pour les armes comme pour le harnachement. Os et corne se substituaient tout naturellement au bronze lorsque les nomades étaient en déplacement, notamment lors de leurs raids guerriers.
Ainsi, au VIIe siècle avant J.-C., l’équipée des Scythes au Proche-Orient, leur présence en Transcaucasie et leur avancée sur le plateau anatolien sont-elles jalonnées, outre les pointes de flèche, par des trouvailles d’objets en os, qu’il s’agisse d’éléments de harnachement ou, comme ici, d’armement.
La bouterolle prend la forme d’un carnassier enroulé, sans doute une panthère, dont l’échine impeccablement arquée constitue l’arrondi de l’objet. L’oreille est en amande, l’œil rond, et les indentations de la gueule ouverte suggèrent des mâchoires redoutables. Les extrémités des pattes et de la queue sont indiquées par un motif de cercles autour d’un point comme celui qui figure l’œil, et que, curieusement, on retrouve sur la joue. Deux trous traversent la pièce creuse de part en part, qui permettaient de la fixer à l’étui de l’arme.
Publ. : Zimmermann 1991, p. 98-99 ; Schiltz 1994, fig. 48, p. 74 ; Barbier-Mueller 1996, fig. 7, p. 12, et n°6, p. 37.