Boucle de ceinture

Boucle de ceinture

Les plaques ajourées qui constituent cette boucle de ceinture représentent une lutte entre
deux chameaux mâles de Bactriane en rut, qui rivalisent pour couvrir les femelles du
troupeau. Les alvéoles lancéolées qui parsèment le motif laissent penser qu’il a pu exister
une version antérieure de cette scène, avec incrustations. Cette composition particulière
de deux chameaux qui s’affrontent avait déjà été développée plus loin à l’ouest, car elle
apparaît sur des plaques en or exhumées d’un kourgane du IVe siècle avant J.-C. à
Filippovka, en Russie méridionale [1].

Comme le mentionne le Shiji, les chameaux faisaient partie des animaux domestiques
élevés par les Hsiong-nou dans un but commercial. Rédigé par Sima Qian durant la
période Han occidentale (206 avant J.-C.–9 après J.-C.), le Shiji est un célèbre ouvrage
qui raconte l’histoire de la Chine et nous livre de précieuses informations sur les anciennes
tribus non Han établies au nord de ce pays [2].

La présente scène est tout à fait indiquée
pour des peuples dont la prospérité économique dépendait de la prolifération et de la
croissance de leurs troupeaux. Les chameaux étaient très recherchés comme bêtes de
somme pour les caravanes qui effectuaient de pénibles trajets au travers de l’Asie centrale,
le long de la route de la Soie. Le chameau a toujours été l’animal idéal pour la vie dans le
désert. Grâce à ses pieds, formant de larges bourrelets étendus, il peut marcher sur le
sable sans s’y enfoncer. Ses longs cils et son épais pelage, mais aussi ses narines,
susceptibles de se fermer si besoin est, le protègent du vent. Quant aux réserves de
graisse situées dans ses bosses, elles lui permettent de résister lorsque la nourriture et
l’eau se font rares.

Publ. : Bunker 2006, fig. 38a et b, p. 119.

[1Aruz 2000, p. 160, n°98.

[2Watson 1993, p. 129.