Bien attesté, notamment dans le sud-est de l’Iran, ce type de boucle de ceinture parthe en bronze dotée d’un gros bouton et d’un ardillon plus petit montre le plus souvent des images d’animaux, ou encore des cavaliers [1]. Une scène plus rarement attestée s’inscrit dans le cadre rectangulaire de celle-ci : un couple tendrement enlacé. Comme deux profils monétaires affrontés, leurs visages sont si proches qu’ils se touchent presque.
Les yeux en amande sont de face, mais, chez l’homme surtout, l’iris et le creux de la pupille, comme déportés vers l’avant, semblent fixer intensément la femme. Moustachu et barbu, il est coiffé d’une épaisse chevelure, à la manière parthe, et semble porter un torque. Il a posé une main impérieuse sur le buste, de face, de sa compagne.
Plus frêle que lui, elle est vêtue d’une robe à la grecque. Ses traits sont fins, ses cheveux ramenés en arrière en un lourd chignon. Sa main posée sur l’avant-bras de l’homme semble accueillir son geste en même temps qu’elle le retient. L’X qu’amorcent les bras entrecroisés exalte les visages tout en traduisant explicitement l’union des corps.
Image d’une affection conjugale dont l’art perse, comme l’art grec, élude la représentation quand il ne s’agit pas d’un couple héroïque ou divin [2]. Mais, dans une société nomade comme celle dont sont issus les Parthes, les femmes sont amenées à relayer les hommes dans bien des tâches, y compris défensives. L’opposition entre les fonctions dévolues à chaque sexe y est beaucoup moins radicale que dans les sociétés sédentaires et la place de la femme autrement appréciée.
Publ. : Barbier-Mueller 1996, n°80, p.67.