Boucle de ceinture

Boucle de ceinture

Deux bouquetins se tournant le dos dans un décor boisé ornent les deux plaques qui constituent cette boucle de ceinture. Si leur corps est représenté de profil, leur tête est vue de face. Les alvéoles qui caractérisent leurs sabots et les arbres peuvent dériver d’une ancienne tradition d’incrustations. Certaines plaques ornées de motifs ajourés pouvaient s’appuyer sur une pièce en bois, comme le montre une plaque de la collection Arthur M.  Sackler, qui a gardé son support d’origine [1].

À première vue, il semble contradictoire d’ajouter un support en bois à une plaque ajourée en bronze, mais, en fait, il était possible d’insérer entre les deux une ceinture en tissu ou en cuir de couleur vive pour mettre le métal en valeur, produisant un effet d’appliques de feutre polychrome ou d’incrustation de gemmes [2].

Une plaque similaire a été exhumée d’une tombe hsiong-nou à Lijiataozi, comté de Tongxin, Ningxia, en même temps que des pièces wuzhu qui n’ont pas été frappées avant 118 avant J.-C [3]. Des plaques telles que les présents exemples témoignent d’une importance nouvelle accordée aux animaux réels dans des décors naturalistes – tendance qui caractérise les ornements de ceinture exécutés pour les Hsiong-nou durant la fin du Ier millénaire avant notre ère.

À la fin du IIIe siècle avant J.-C., les Hsiong-nou ont remplacé les Rouzhi dans leur rôle de dirigeants des steppes eurasiennes orientales. Appartenant à la collection Sackler, une plaque ajourée en bronze similaire, qui figure également deux bouquetins, a été fabriquée à partir d’un modèle en cire, formé dans un moule en deux parties. Ce procédé est connu sous le nom de « technique indirecte de la cire perdue [4] ».

[1] Bunker et al. 1997, p. 266-267.

[2] Ibid.

[3] Kaogu yu wenwu 1988, n°3, p. 19, fig. 6 : 3.

[4] Bunker et al. 1997, p. 254, examen physique de Chase et Douglas ; Bunker 1994, p. 41, pour le procédé indirect de la cire perdue.