Boucle de ceinture

Boucle de ceinture

Un ensemble complexe de motifs zoomorphes recouvre les surfaces des deux plaques en
miroir qui constituent cette boucle de ceinture. L’image principale figure un loup accroupi
vu de profil, l’oreille en pointe et le museau retroussé. Il présente en outre deux pattes à
cinq griffes, et une gueule ouverte qui laisse paraître des crocs et des dents.

Deux béliers
argali contorsionnés, leur arrière-train surplombant leur tête, viennent se superposer sur le
corps du loup. Le registre supérieur de la plaque est agrémenté d’une frise de têtes de
gazelle à cornes, elle-même surmontée d’une rangée de têtes de rapace. Le dos de
chaque plaque comprend deux passants verticaux et un motif tissé, indiquant qu’elles ont
été fabriquées selon les procédés de la cire perdue et du textile perdu [1].

La face de chaque
plaque a été dorée à l’amalgame, technique de dorure mise au point par des alchimistes
taoïstes vers la fin du IVe siècle avant J.-C. Devenu courant durant les trois derniers siècles
avant notre ère, ce procédé avait remplacé l’étamage, utilisé antérieurement pour indiquer
que le propriétaire d’une plaque étamée jouissait d’un statut supérieur à celui qui en
possédait une en bronze plein [2].

Une plaque inédite du même type a été découverte parmi des pièces de mobilier funéraire
Hsiong-nou à Xichagou, Xifeng Xian, au nord-est de la province de Liaoning [3]. Même si elle
a été créée durant les premières années de la domination Hsiong-nou, l’iconographie se
rattache aux Rouzhi.

Ici, le dessin est tellement stylisé qu’il est difficile à déchiffrer.
Pratiquement dénué de tout contenu symbolique, il indique que les plaques ont été
fabriquées par des Chinois plutôt que par des artisans steppiques locaux [4].

Publ. : Bunker 2006, fig. 28a et b, p. 110 et 111.

[1Bunker 1994, p. 41-42.

[2Ibid., pour l’étamage, p. 48-49 ; pour la dorure à l’amalgame, p. 47-48.

[3Communication orale à Shenyang, Liaoning, République populaire de Chine, 1992.

[4So et Bunker 1995, p. 143.