Situle de petite taille

Situle de petite taille

Invisible de
l’extérieur, une base est ménagée de façon à créer un socle qui isole le fond du récipient, placé un peu plus haut,
du contact avec le sol. Le haut comporte une partie rétrécie maintenant en place le
couvercle, absent.

Les deux anses en forme de U renversé, avec doubles spirales, sont
caractéristiques de la culture de Dông Son : l’influence du royaume de Dian ou celle de la
Chine les fera disparaître au profit d’anses mobiles ou de boucles que tiennent dans leur gueule des têtes de tao ti’e appliquées
sur la panse du vase, comme pour les lian tripodes empruntés aux Han.

Le registre du haut du corps de la situle est banal : deux rangées de doubles lignes
horizontales en relief, que joignent de petites barres verticales. Entre chacune de ces deux
doubles lignes, des cercles, aussi en relief, où le point central est peu visible.

Le deuxième registre, au milieu, comporte quatre bateaux séparés par des paons dessinés
avec réalisme, la queue sous la poupe d’un navire et la tête sous la proue du précédent,
car ces derniers sont placés dans le sens contraire à celui des aiguilles d’une montre. Les
barques sont très étonnantes. Les personnages (ils semblent être des danseurs plus que
des guerriers ?) n’ont presque rien d’humain. Ce sont des touffes de plumes hérissant des
silhouettes boudinées, mêlées inextricablement à des représentations d’oiseaux.

Dans le registre se trouvant sous celui des barques, des animaux détalent. Sous la poupe
du bateau centré sur cette vue de la situle, on remarque parmi eux une bête étrange elle
aussi, ne faisant pas partie du répertoire habituel des bronziers : un quadrupède lancé au
grand galop, portant deux courtes « ailes » ou bosses sur le dos. Le Dr Nguyên Viêt ne l’a
jamais rencontré ailleurs. Le dernier registre, au bas du récipient, est semblable à celui du
haut (lignes horizontales reliées par des traits verticaux et points cerclés).

Près du col de la situle, trois idéogrammes han ont été gravés après la fonte. Seul le
premier a été déchiffré [1] : il est lu gang et signifie « sommet de la
montagne », ou « confins ». Repr. et commenté : Viêt 2006, fig. 26, détail de la bête
étrange fig. 27 et texte cité plus haut.

Publ. : Viêt 2008, ill. 1.
Édité et complété par Jean Paul Barbier-Mueller

[1Viêt 2006, p. 259