Cette plaque allongée légèrement incurvée pourrait avoir renforcé une tunique et servi en quelque sorte de « cuirasse ». D’ordinaire, il existe quatre trous aux quatre angles pour la fixation ; ici, quatre œillets solides sont fixés sur la bande décorée faisant le pourtour de la plaque, comme pour y passer des lanières, ce qui pourrait prouver qu’on la plaçait en effet par-dessus les vêtements.
Il arrive que ces boucles en demi-cercle aient servi à attacher des clochettes. Le décor a pour élément central une plage rectangulaire où sont figurés dix personnages aux coiffes emplumées, assis. Les huit hommes du milieu font le geste de ramer (sans pagaie) et les deux des extrémités jouent du khène (en vietnamien, khèn), un instrument à vent à haut tuyau, encore employé par les Dayak de Bornéo. Cette « plage aux rameurs emplumés » est entourée d’une bande ornée d’un motif répétitif : deux spirales exprimées de façon géométrique (triangles), adossées symétriquement, se succédant, chaque paire de « spirales » formant un carré.
Une large bande lisse sépare ce registre décoré du bord de la plaque. On a trouvé l’une de ces plaques rectangulaires dans une tombe de Dông Son même. Celle que reproduit Bezacier [1] ne comporte que sept « rameurs » beaucoup plus schématiques (le corps est figuré par trois lignes horizontales légèrement divergentes vers la droite), entourés d’un cadre contenant un double motif dôngsonien très connu, ancien : des points cerclés reliés par une ligne tangente.
Publ. : N. Viêt, in cat. exp. Genève 2008, pl. III. 9, p. 28.
Édité librement et augmenté de citations de Bezacier par Jean Paul Barbier-Mueller
[1] 1972, fig. 82, p. 160