Plaque carrée

Plaque carrée

Au centre du décor, les deux doubles spirales ou volutes opposées dos à dos flottent librement, non inscrites dans un cadre.

Elles sont entourées de quatre barques dont la coque est une bande décorée d’un motif en arête de poisson (restes d’un tressage de petits rouleaux de cire écrasés lors de la mise en moule et de la fonte ?), et dans lesquelles sont assis cinq personnages aux hautes coiffes emplumées, dont le corps est largement schématisé, les membres grêles. La figure de proue des barques est haute, ornée, avec un « œil » à la base.

Aux quatre angles, des motifs ressemblant à deux crevettes, en réalité deux serpents- crocodiles mythiques. Ce motif est nommé giao long. Les dragons sont encadrés d’un ou de deux poissons selon l’espace dont disposait l’artisan.

Sur tout le pourtour de la plaque, un bandeau en relief montre le même décor en pointillé formant des arêtes de poisson, qui orne la coque des barques.

Aux quatre angles, enfin, quatre trous permettant la fixation. L’usage d’un tel ornement, le seul connu (apparemment) ayant un décor de barques et d’hommes emplumés, serait défensif. Il s’agirait d’une « cuirasse partielle », jugement déjà formulé par Goloubew [1] et repris par Bezacier [2]. Cette opinion est acceptée ici. Sur le site de Dông Son, les plaques carrées ou rectangulaires ont été découvertes dans des tombes recueillant la dépouille de sujets mâles, accompagnées de tambours et d’armes [3].

Publ. : Cat. exp. Francfort 1999, fig. 78 a et b ; cat. exp. Paris 2003, pl. 26 ; N. Viêt, in cat. exp. Genève 2008, pl. III.1.

Édité librement par Jean Paul Barbier-Mueller

[1] 1929, p. 1 sq.

[2] 1972, p. 159

[3] ibid., p. 159