Plaque carrée

Plaque carrée

Aux quatre coins de cette plaque de faible épaisseur, des trous permettaient de la fixer sur une tunique, en guise de protection. Ce serait donc un élément de parure défensive, une « cuirasse partielle », jugement déjà formulé par Goloubew [1], repris par Bezacier  [2]. Cette opinion, acceptée ici, était mise en doute par Bezacier, qui jugeait ces plaques trop petites pour remplir une telle fonction, et croyait à des « ornements de vêtement ».

À noter cependant le fait que, sur le site de Dông Son, les plaques carrées ou rectangulaires n’ont été découvertes que dans les tombes recueillant la dépouille de sujets mâles, accompagnées de tambours et d’armes [3].

Le décor central est formé de deux doubles et larges bandes occupées par une « grecque oblique », motif issu d’une succession de spirales géométriques. Au milieu, un carré est réservé, occupé par deux doubles spirales parsemées de petits points [4], se tournant le dos.

Perchés sur la deuxième bande, celle se trouvant le plus à l’extérieur, trois oiseaux Lesser Adjutant Chicken (Leptoptilos javanicus) ou pélicans se présentent de profil, deux pour chacun des quatre côtés, soit huit oiseaux perchés. En dehors de ceux-ci, on compte encore quatre volatiles, le bec pointé dans le sens des aiguilles d’une montre : un de la même taille assis sur la rainure cernant la plaque en bas à gauche et regardant dans la direction inverse (sans doute une erreur de l’artisan ?), un autre identique sans support en haut à gauche, un troisième perché sur la rainure externe en haut à droite (il tourne le dos à son compère perché sur la frise centrale) et un dernier, plus petit, qui a le bec plus pointu, en bas à droite.

Il y a donc en tout douze oiseaux ; onze grands et un minuscule, au plumage non plus formé de raies horizontales contenant un motif en arête de poisson, mais d’un seul même motif plus large dans le sens de la longueur du corps.

L’objet a une belle patine vert sombre, qui n’a pas été altérée par l’assemblage des morceaux mentionné plus haut. C’est la pièce la plus originale connue arborant des oiseaux de ce genre.

Bezacier consacre un long commentaire à ces plaques, indiquant que l’on en a découvert dans des tombes à Dông Son même, à Thiêu Duong (dans la province de Thanh Hoà), et dans les provinces de Ninh Binh et Hà Dông [5]. Il en reproduit trois [6]. Toutes ont les deux doubles spirales adossées au centre, mais le décor est plus pauvre ; seule la troisième comporte des « oiseaux peignes » et aux quatre angles des dragons jumelés giao long).

Publ. : Cat. exp. Francfort 1999, fig. 78 a et b.

Édité et augmenté de citations de Bezacier par Jean Paul Barbier-Mueller

[1] 1929, p. 1 sq.

[2] 1972, p. 159

[3] ibid., p. 159

[4] Bezacier les appelle des « doubles volutes opposées en forme de X », ibid., p. 157

[5] 1972, p. 157

[6] ibid., fig. 79, 80