Hache à lame oblique en botte de mandarin

Hache à lame oblique en botte de mandarin, dans le style du fleuve Rouge

La lame se termine par un long nez cintré. La décoration sur les plats est abondante, si la douille ne l’est pas. Le cadre en creux qui entoure le motif principal et reprend les contours de la hache est assez restreint, sauf dans la partie supérieure, où il est bordé d’une large frange de losanges imbriqués (altération de rangées de dents de scie ?). Sous la ligne dépourvue de frange, deux cervidés regardent vers la gauche. Un quadrupède leur fait face, peut-être un chien qui leur interdit le passage (ce thème, un ou deux cerfs auxquels un chien barre le passage, est fréquent sur les haches « en botte de mandarin ») ?

Juste au-dessus des deux cervidés, la zone placée sous la crête horizontale séparant la lame du plat offre la représentation de trois personnages humains assis, regardant aussi vers la gauche, aux membres filiformes, levant les bras au milieu d’une barque (suggérée par une simple ligne incurvée). Ce thème aussi, surmontant celui de l’antagonisme chien-cerf, est commun sur les haches de ce type.

Ce serait donc toute une « histoire » qui serait racontée ici : une partie de chasse impliquant des hommes dans une barque, leur chien et les cerfs qu’ils veulent tuer. (Voir une hache des collections Barbier-Mueller reproduisant presque le même décor, inv. 2505-48, repr. dans Viêt 2008, pl. 15. p. 82).

Édité par Jean Paul Barbier-Mueller